Film · Fiche et lecture
Juin 1975 : occupation de l’église Saint-Nizier à Lyon par un groupe de prostituées, avec la complicité du curé. Elles échappent à la police d’un État qui ne veut rien savoir de leurs revendications mais prend à cœur (et empoche) les amendes pour « incitation à la débauche ». Inspirée par la lecture de Prostitution de Kate Millet, la caméra de Carole Roussopoulos s’introduit dans l’isolement forcé des prostituées résistantes et recueille des mots et des images qu’elle diffuse le jour même à l’extérieur de l’église, sur une demi-douzaine d’écrans que des foules de passants observent avec un intérêt ambigu.
Le soir du 30 avril 1971, un public de lettré·es et de militant·es se presse à l'hôtel de ville de New York pour voir l'écrivain, scénariste, réalisateur et acteur Norman Mailer (qui vient d'écrire "The Prisoner of Sex") débattre avec un panel d'intellectuelles féministes. Le sujet est la libération des femmes, question sur laquelle Mailer se fait l'avocat du diable. Pour le mettre à l'épreuve sont notamment réunies l'écrivaine et critique Jill Johnston (autrice de "Lesbian Nation : The Feminist Solution"), la critique littéraire Diana Trilling, la présidente de la National Organization of Women (NOW), Jacqueline Ceballos, et peut-être son adversaire la plus coriace, l'autrice de "La Femme eunque" à la langue affûtée, Germaine Greer. Cet événement a fait date, et ce film se révèle stimulant ainsi que diablement divertissant.