Film · Fiche et lecture
Aux regards de l'érudit ou du simple curieux, du croyant ou de l'indifférent, le monachisme est un fait exceptionnel d'adéquation et de distancement, de fascination et d'interpellation dont la force calme ébranle. Son actualité éclate à la manière d'une inaltérabilité que les changements ne défigurent pas, que les rides ne touchent guère. La surface de l'océan est étale, épanouie, tandis que les profondeurs bouillonnent. Certes, l'histoire l'a marqué, voire ébranlé, comme toute autre manière d'être et de vivre. Pourtant il donne l'impression de transcender le temps, de se situer à un niveau où les hommes de tous les temps reconnaissent la meilleure part d'eux-mêmes, leur intériorité...
Le quartier de Molenbeek à Bruxelles. Une capitale djihadiste supposée pour certains, mais le quartier natal d'Aatos et Amine, deux garçons de 6 ans. C'est là qu'ils écoutent les araignées, découvrent les trous noirs et se disputent pour savoir qui commandera le tapis volant qui les mènera sur les terres de leurs ancêtres. La menace du monde des adultes interrompt soudainement le jeu des enfants lorsque des bombes terroristes explosent dans une station de métro à proximité.
Les yeux ne font pas le regard suit cinq personnes ayant perdu la vue dans des conflits armés, en recueillant des fragments de leur quotidien d’aujourd’hui. À travers une composition sonore enveloppante, des archives voilées, des images tournées par les protagonistes eux-mêmes et une approche visuelle sensible, le film explore la mémoire, la perception et le rapport au visible. En retrait du spectaculaire, il nous invite à écouter ce qui reste souvent inaudible, à ressentir autrement. Dans une époque saturée d’images, ce documentaire propose une expérience sensorielle où l’écoute devient un geste de résistance et de reconnexion humaine.