Almir Sater
Sous l'œil troublant d'une caméra de surveillance, la vie de la gare centale de Varsovie.
"Je dis souvent que la sociologie, c'est un sport de combat, c'est un instrument de self-défense. On s'en sert pour se défendre, essentiellement, et on n'a pas le droit de s'en servir pour faire des mauvais coups." - Pierre Bourdieu. Il y a les témoins du monde, ceux qui disent tout haut ce qu'on pense plus bas, ni gourous, ni maîtres, mais qui considèrent que la cité, le monde, peuvent être pensés. Le sociologue Pierre Bourdieu est de ceux-là. Pendant trois ans, la caméra de Pierre Carles l'a suivi dans des situations d'échanges différentes : partager quelques minutes d'entretien avec Günter Grass, assister à une conférence animée avec les habitants d'une banlieue ouvrière, suivre ses rapports avec ses étudiants, ses collaborateurs, plaidant pour une sociologie inscrite dans la cité. C'est une pensée qui se déploie comme familière, à côté de nous, et toujours abordable, celle d'un intellectuel français qui choisit de penser son temps.
Le cinéaste-photographe Raymond Depardon propose ici un voyage dans le monde rural. Il dresse pour la postérité un portrait plein de tendresse des paysans, une catégorie socio-professionnelle trop souvent oubliée, que seules des catastrophes climatiques ou des épizooties mettent sous les feux de l'actualité.
Deuxième documentaire d'une trilogie réalisée au long cours (avec Profils paysans : l'approche (2001) et Profils paysans : La vie moderne (2008)), montrant la vie simple des agriculteurs du Sud de la France contemporaine. En Lozère, Ardèche et Haute-Loire, nous retrouvons plusieurs familles du monde rural. De jeunes agriculteurs s'installent dans ces régions de moyenne montagne. Dans le même temps, de nombreuses exploitations se transforment en résidences secondaires. Les problèmes de transmission du patrimoine agissent sur la vie de tous les jours. En se confrontant au temps qui passe, Raymond Depardon rend hommage à ces hommes et ces femmes qui risquent de basculer dans l'oubli.
Le thé, aujourd'hui boisson de la sérénité, associée au calme et au bien-être, a connu un passé bien agité. Son sort fut lié au commerce de l'opium, aux guerres sino-britanniques, à l'expansion coloniale, au déclin de la Chine impériale et à la première opération d'espionnage industriel de l'Histoire. Au 19ème siècle, l'empire chinois et l'empire britannique se livrent à une redoutable guerre des fleurs : pavot contre thé. Alors que la Guerre de l'Opium se termine, La Compagnie anglaise des Indes Orientales missionne un homme pour percer les secrets du thé chinois. L'objectif : développer les premières plantations de thé dans les colonies anglaises en Inde et ainsi mettre fin au monopole chinois. Le James Bond de l'époque s'appelait Robert Fortune. Loin du séducteur au permis de tuer, il était botaniste. Ce documentaire raconte les aventures du voleur de thé et la relation complexe qui existait alors entre la Chine impériale et l'Angleterre impérialiste.
Documentaire sur l'art africain, pamphlet anticolonialiste et première collaboration entre Alain Resnais et Chris Marker. Le film fut censuré pendant onze ans.