Camilo Mejia
Self
Fernando Suárez del Solar
"Eh bien j’y crois à l’anarchie ! Et je crois que ça se réalisera un jour." Voilà ce qu’affirme, à 85 ans, "May la rebelle", militante syndicaliste, anti-militariste, anarchiste, toujours prête à dénoncer les oppressions et à défendre les victimes. Née en Bretagne, elle gagne sa vie à 10 ans en livrant du beurre. À Paris, à 20 ans, elle connaît l’Union Anarchiste. Sébastien Faure devient son père spirituel. Elle se sert d’une grenade pour déclencher l’affaire Sacco-Vanzetti. Déléguée syndicale à Moscou en 1922, elle entonne "L’hymne à l’anarchie" devant Trotski. Les enfants pendant la guerre d’Espagne, les Juifs pendant la guerre de 40, les objecteurs de conscience avec Louis Lecoin pendant la guerre d’Algérie, puis, avec son journal Le Réfractaire, le Larzac, Plogoff, Creys-Malville, autant de terrains de lutte pour May Picqueray. Jusqu’au bout, elle reste fidèle à son engagement pour la défense de la paix et des libertés individuelles.
Du droit des mineurs devant le tribunal pour enfants, jeunes délinquants des quartiers de l’Est parisien ou enfants d’origine algérienne des bidonvilles de Nanterre, à la défense des colonisés Kanak ou Polynésiens ; du combat pour le statut d’objecteur de conscience à la dénonciation de la torture et de la peine de mort, l’avocat Jean-Jacques de Félice a été de tous les combats. Son pacifisme n’a pas de frontière : avec la Cimade, la LDH, le Comité Louis-Lecoin, il aide les réfractaires dans de nombreux pays. Notamment des insoumis portugais refusant les guerres d’Angola et du Mozambique, des déserteurs états-uniens opposés à la guerre du Vietnam ou des objecteurs israéliens n’acceptant pas de servir dans les Territoires occupés. Il n’est pas surprenant qu’il soit, dès 1971, l’un des tous premiers avocats des paysans du Larzac.
Entre 1954-1962, de cent à trois cent jeunes Français refusèrent de participer à la guerre d’Algérie. Ces réfractaires, soldats ou appelés étaient non-violents ou anticolonialistes. Certains se réfugièrent en Suisse où des citoyens suisses leur vinrent en aide, alors qu’en France ils étaient condamnés comme traîtres à la patrie. En 1962, quelques mois après l’Indépendance, Villi Hermann se rendit dans une région dévastée par la guerre proche de la frontière algéro-marocaine, afin d’aider à la reconstruction d’une école. En 2016 il est retourné en Algérie et a retrouvé ses anciens élèves. Il a aussi rencontré des réfractaires français, habitant aujourd’hui en France ou en Suisse.