James Anthony Bearden
Himself
Joy Daley
Female Figure
Brittany Huenecke
Hervé Guibert met en scène les derniers moments de sa vie en utilisant des images de son quotidien de malade du sida. Les séquences sont tournées dans son appartement (dans sa chambre à coucher, sa salle de bains, ses toilettes), chez ses grand-tantes, en milieu hospitalier (lors d’une biopsie, lors d’un suivi médical) et sur l’île d'Elbe. Des entretiens avec des proches ponctuent le film. Le film mêle des images d’une grande dureté et des images poétiques. Dans Le Protocole compassionnel, Hervé Guibert écrit: «Je crois que nous venons de tourner un des documentaires les plus bizarres qui soient» .
Comment rendre compte des angoisses du monde contemporain ? Bombardés quotidiennement de scènes d’horreur et d’annonces de fin du monde sur fond de crise environnementale, nous poursuivons malgré tout nos journées dans un relatif confort qui ne rend que plus palpable la nature schizophrène de notre réalité actuelle. C’est ce sentiment diffus et omniprésent que Simon Beaulieu cherche à refléter à travers un film hors-norme qui mêle archives, séquences en caméra subjective, fulgurances expérimentales et un soupçon de cinéma d’épouvante. Aussi inclassable que percutant, Le fond de l’air est une œuvre engagée nouveau genre. Un appel de détresse qui utilise tous les moyens du cinéma pour réveiller les consciences engourdies par une routine mondialisée qui nous propulse vers le néant